Ce sont nos actions qui nous libèrent de nos angoisses
- Stéphane GIMENEZ
- 4 déc. 2025
- 3 min de lecture

Il y a une vérité simple et pourtant déroutante dans le monde professionnel :
Ce n’est pas la difficulté qui nous paralyse… c’est l’inaction.
L’angoisse apparaît rarement parce que “la situation est trop compliquée”, mais bien plus souvent parce que nous restons immobiles, pris entre trop de pensées et pas assez de décisions.
Nous pouvons tourner les choses dans tous les sens, imaginer tous les scénarios, analyser les risques et les enjeux… rien n’y fait : tant que nous n’avons pas posé un geste, le brouillard reste épais.
Et c’est précisément là que l’action devient un levier de libération.
Pourquoi réfléchir davantage ne suffit pas (et peut même aggraver l’angoisse) ?
Nous avons grandi dans l’idée que pour avancer, il faut comprendre.
Mais dans bien des situations, c’est l’inverse : c’est en avançant que l’on comprend.
L’angoisse se nourrit de trois ingrédients :
L’incertitude : ne pas savoir ce qui va se passer.
L’impuissance : croire que rien ne dépend de nous.
L’isolement mental : rester seul(e) avec ses questions.
L’inaction amplifie chacun de ces éléments.
Le cerveau, privé de données concrètes, devient une machine à scénarios catastrophes. Il comble les trous… souvent au détriment de la réalité.
À force de ruminer, nous construisons une montagne qui n’existe pas encore, et qui n’existera probablement jamais.
L’action est un retour à la réalité, au concret, au mouvement
L’action n’est pas seulement un “faire”.
C’est un acte psychologique qui change instantanément notre rapport à la situation.
Elle apporte :
de la clarté (parce que le réel répond toujours, d’une manière ou d’une autre)
du soulagement (parce que l’on reprend la main)
de la confiance (parce qu’on se prouve qu’on peut avancer)
du sens (parce que l’on cesse d’être spectateur).
En coaching, je le vois chaque semaine :
Le simple fait de poser une première action (envoyer un message, demander un rendez-vous, clarifier une priorité, dire une vérité, prendre une décision...) change immédiatement la perception du problème.
L’action ne résout pas tout, mais elle transforme la relation que vous avez au problème.
Attention : agir ne signifie pas s’agiter
C’est une nuance essentielle.
Beaucoup de personnes confondent l’action avec l’urgence, le mouvement rapide, le “faire pour faire”.
Or ce type d’agitation ne réduit pas l’angoisse, il la masque temporairement.
L’action qui libère est une action juste.
Celle qui :
est choisie,
a un début et une intention,
produit une information ou un progrès réel,
ouvre un futur possible.
L’agitation, c’est du bruit.
L’action, c’est du sens.
Dans les organisations, cette différence peut changer un projet, une carrière, ou même une relation hiérarchique.
Elle permet d’avancer en conscience plutôt que de réagir en urgence.
Quand l’angoisse bloque : comment créer l’élan ?
Voici quatre leviers puissants que j’utilise dans mes accompagnements de collaborateurs et de dirigeants.
1/ Le “plus petit pas possible” (le PPPP)
L’objectif n’est pas de tout résoudre, mais de débloquer la dynamique.
Cherchez l’action la plus simple, la plus courte, la moins engageante possible.
Exemples :
préparer 3 questions pour un entretien,
écrire une première phrase d’email,
lister 2 options réalistes,
prévoir un échange de 15 minutes avec son manager.
Le cerveau ne lutte pas contre un petit pas.
2/ Passer de la peur à l’apprentissage
Transformer
“Et si ça se passe mal ?”
en
“Qu’est-ce que j’apprendrai quoi qu’il arrive ?”
L’action devient alors un test, pas un verdict.
3/ Créer une boucle d’ajustement
L’action n’est pas un engagement définitif.
C’est une hypothèse que l’on vérifie.
Chaque action alimente une boucle : j’essaye → j’observe → j’ajuste.
C’est la mécanique même de la progression professionnelle.
4/ S’autoriser à demander de l’aide
L’angoisse adore le silence.
Parler, partager, expliquer, demander un regard extérieur… c’est déjà une action, et souvent une action décisive.
Dans le contexte professionnel, l’action est un levier d’évolution
Pour les collaborateurs, l’action permet de :
clarifier leurs aspirations,
sortir d’une posture subie,
se positionner,
devenir force de proposition dans leur propre évolution.
Pour les entreprises, elle permet :
d’identifier les potentiels,
de fluidifier les transitions internes,
de réduire les tensions liées à l’incertitude,
de favoriser un projet commun gagnant-gagnant.
Le bilan introspectif, par exemple, repose entièrement sur ce principe :
On explore, on teste, on structure, on met en mouvement.
C’est ce mouvement qui crée l’engagement et l’alignement.
L’action ouvre les portes que la pensée seule ne peut franchir
L’angoisse ne disparaît pas en réfléchissant mieux.
Elle s’apaise en avançant mieux.
L’action est un antidote simple, accessible, humain.
Elle n’est pas spectaculaire, elle est fondamentale, elle nous redonne un cap, une énergie, un espace intérieur.
En réalité, l’action ne nous libère pas seulement de l’angoisse, elle nous libère de l’illusion que nous devons tout comprendre avant d’avancer.
C’est en avançant que la route apparaît.
Stéphane GIMENEZ - coach professionnel








Commentaires